 |
Société Internationale de Myothérapie |
|
Pourquoi traiter les muscles
|
 |
 |
|
|
Les douleurs articulaires, rachidiennes ou périphériques,
sont un motif très fréquent de consultation
en médecine, et représentent, sous
une forme ou une autre, la quasi totalité
des indications de kinésithérapie.
Nous voudrions monter ici l'énorme avantage
qu'il y a à traiter les muscles dans ces
pathologies, et ce en les raccourcissant manuellement
selon la méthode que nous avons mise au
point et enseignons, la Myothérapie.
Nous voudrions vous exposer pour cela quelques
hypothèses, dont nous espérons quelles
vous intéresseront. Elles ont en effet
été confirmées en 14 ans
de pratique par des centaines de médecins
généralistes ou spécialistes,
et autant de kinésithérapeutes.
Leurs résultats ont été évalués
et chiffrés, ce qui est très rare
dans ce domaine : des études simples, comparatives,
en cross-over, avec radiographies avant et après
traitement en cas de déformations normalisées,
ou avec électromyographie, ont été
faites sur des milliers de cas, études
qui ont donné lieu à 10 articles
parus dans des revues de rhumatologie, médecine
du sport ou de kinésithérapie [6].
|
|
Différentes
fonctions des muscles
|
Les muscles squelettiques représentent en effet à peu près
la moitié de la masse du corps !
A travers ou contre eux passent nerfs et vaisseaux.
Ces muscles ont plusieurs rôles : ils créent
les mouvements ou au contraire maintiennent les positions
ainsi obtenues ; ce sont eux aussi qui permettent la coaptation
articulaire (ce que ne peuvent faire les ligaments, qui
par définition sont des 'garde-fous' suffisamment
lâches pour toujours permettre l'entièreté
des mouvements des articulations).
L'activité des muscles est régie par de
nombreux systèmes volontaires et réflexes,
passant par différents récepteurs nerveux
[7]. Un important réflexe, le Réflexe Myotatique,
fait que tout muscle étiré se contracte.
Cet effet est normalement réversible dès
le retour à la longueur initiale, et son intensité
est fonction de la vitesse et de l'amplitude de l'étirement
[7].
|
Conséquences
d'un trauma
|
Lors d'un choc l'articulation est brusquement mobilisée
et certains muscles sont étirés de façon
rapide et +/- importante. Ceci met en jeu le Réflexe
Myotatique, et donc de façon intense : les muscles
étires se contractent fortement pour protéger
l'articulation du risque de dislocation. Or l'on constate
facilement que cette contraction, normalement réversible,
peut en fait perdurer :
on constate que s'est installée une contracture.
Un simple examen montre qu'une fois installée elle
persiste indéfiniment. On la retrouvera des semaines
ou des années après, avec ses symptômes
classiques : douleurs spontanées ou à la
palpation, laquelle trouve un muscle anormalement dur,
douleur à l'étirement passif, qui est toujours
limité, ou encore douleur à la contraction
active.
C'est donc une Contracture Post-traumatique Persistante.
Ces symptômes sont retrouvés des années
après si rien n'est fait, montrant ainsi que la
contracture persiste d'autant, et ne cesse pas même
lors du repos !
Ce qui ne sera bien sûr pas sans conséquences
à court, moyen et long terme.
|
La Douleur
articulaire
|
D'une part ce muscle hypertonique est douloureux, en
permanence ou lorsqu'il est sollicité [3]. Cette
douleur se manifeste spontanément ou lors de
mouvements, et se situe soit sur le tendon (tendinite),
soit à son insertion (enthésopathie, comme
par exemple une épicondylite), soit sur le corps
musculaire lui-même. La douleur spontanée
peut aussi être ressentie comme diffuse, située
au niveau de l'articulation correspondant au muscle,
mais difficile à localiser.
Si en traitant seulement les muscles contracturés
la douleur articulaire s'atténue ou disparaît,
on peut penser que ces muscles étaient bien la
cause de la douleur.
Et c'est effectivement ce qui se passe lorsqu'on traite
ces pathologies par Myothérapie [6] .
Une hypothèse étiologique pour l'Arthrose
L'arthrose, n'étant apparemment due qu'à
des contractures non traitées, pourrait à
notre avis ne plus exister. Il est connu qu'elle n'est
pas due à l'âge [5]. Pour en comprendre
le mécanisme probable, il suffit de cesser de
penser en termes de biochimie, et d'intégrer
le facteur mécanique dans une pathologie qui
concerne tout de même
l'appareil locomoteur.
Nous avons déjà vu qu'il suffit d'un simple
examen clinique pour faire un diagnostic de contracture
(ou de son absence). Nous avons vu les conséquences
cliniques de celle-ci.
Quelles vont maintenant être les conséquences
mécaniques d'une contracture ?
Elle provoque compression et limitation de mobilité
de l'articulation que le muscle gouverne. Etant spasmé,
le muscle contracturé résistera à
toute tentative de son étirement lors d'un mouvement
provoqué par un muscle antagoniste.
(A l'examen = limitation dans le sens qui étire
la contracture, facilité dans le sens qui la
raccourcit.) Etant raccourci, il comprime l'articulation
de son côté (c'est le pincement articulaire
visible à la radiographie).
Or on sait que si l'on immobilise expérimentalement
une articulation chez l'animal, par un plâtre
par exemple, le cartilage articulaire se modifie très
vite : il se gonfle d'eau, car sa concentration en protéoglycanes
(protéines qui assurent son élasticité,
laquelle absorbe les chocs) diminue. Ceci le fragilise,
et aboutit à des fissures et des pertes de matière,
suivies d'un remaniement osseux [1], l'os n'étant
plus protégé par le cartilage. (On sait
d'ailleurs que l'arthrose, avec géodes, ostéophytes,
etc, débute par une déplétion du
cartilage en protéoglycanes.) L'importance, la
rapidité, et le degré d'irréversibilité
de ce phénomène dépendent directement
de la durée et de l'importance de l'immobilisation
et de la compression [1] .
Or en cas de Contracture Post-traumatique Persistante
l'immobilisation articulaire, relative mais réelle,
accompagnée d'une compression du côté
du muscle concerné, dure des mois, des années,
ce qui est très simple à vérifier
cliniquement comme nous l'avons vu. L'on peut donc raisonnablement
penser que ceci aura les mêmes conséquences
que dans l'expérience, par le même mécanisme
que décrit ci-dessus, simplement sur un temps
plus long (mais la rapidité d'installation du
phénomène est simplement fonction de la
durée de l'immobilisation ; vite ou lentement,
il n'y a aucune raison pour que la même chose
ne se produise pas). Et c'est confirmé par l'observation
clinique et radiologique : après un trauma cervical
douloureux récent, pas d'arthrose, mais sur une
cervicalgie chronique elle est systématique,
et s'aggrave avec le temps.
|
Réversibilité
des Symptômes
|
Les deux symptômes classiquement attribué
à l'arthrose, à savoir douleur et limitation
de mouvement, dont nous avons vu qu'ils étaient
en fait dûs à la Contracture Post-traumatique
Persistante, comme l'arthrose elle-même (qui n'est
donc pas cause mais conséquence) diminuent ou disparaissent
même en général (sauf en cas de 'pont
osseux', ce qui est assez rare) après traitement
par Myothérapie de la contracture seule (facilement
retrouvée avant traitement, absente après
disparition des symptômes suite au traitement).
L'arthrose, elle, est toujours là, mais les symptômes
ont disparu : ils n'étaient donc pas dus à
l'arthrose. |
Contracture
antalgique ou étiologique ?
|
On dit parfois que les contractures se créent pour
éviter les douleurs dues à l'arthrose. Or
si c'était le cas, leur traitement devrait aggraver
les douleurs. Mais c'est le contraire que l'on constate.
Cette théorie n'est donc pas valable. Concomitence
n'est pas preuve : ce n'est pas parce que l'on constate
arthrose et douleurs articulaires que l'une est cause
de l'autre. Ce n'est pas parce que l'on constate arthrose
et contractures que la première est cause de la
seconde : nous avons vu qu'en fait c'est très vraisemblablement
le contraire qui est vrai. |
Hypothèse
Neuro-physiologique
|
Ce que nous venons de décrire d'un point de vue
clinique peut très bien s'expliquer par les connaissances
actuelles en neuro-physiologie musculaire [2, 4, 7].
Les personnes plus intéressées pourront
se référer à mon article paru dans
Kinésithérapie Scientifique N° 360 d'octobre
1996,
"Contractures persistantes, l'hypothèse d'une
boucle ß".
En quelques mots : le réflexe myotatique (RMT),
fonction de la vitesse de l'étirement, provoque
la stimulation des motoneurones (MN) a (qui innervent
les fibres provoquant la contraction du muscle) et des
MN ß, qui innervent ces mêmes fibres mais
aussi les deux parties contractiles du fuseau neuro-musculaire
(FNM), fibre musculaire particulière dont la partie
médiane (RAS) est sensible à l'étirement
et provoque ainsi le RMT (voir schéma, partie droite).
Normalement, après le raccourcissement obtenu par
le RMT, le RAS n'est plus étiré et le RMT
cesse. Or en cas de choc important on peut penser que
l'intensité du RMT est telle que les MN ß
sont fortement stimulés, donc provoquent une forte
contraction des parties périphériques du
FNM, qui ré-étirent fortement le RAS, qui
re-stimule donc fortement les MN ß, et ainsi de
suite, sans fin, même au repos.
C'est la boucle ß. (à ne pas confondre avec
la boucle gamma) C'est pour cela que les techniques employées
en Myothérapie impliquent un raccourcissement passif
du muscle, pour faire cesser la 'boucle vicieuse' ß
en raccourcissant le RAS, ce qui stoppe le réflexe
auto-entretenu, quelle que soit son ancienneté.
|
Un exemple
simple : les syndromes rotuliens
|
Les choses sont beaucoup plus simples qu'on ne le croit.
Par exemple dans les syndromes fémoro-patellaires
on constate une translation externe de la rotule. Pourquoi
? Et pourquoi n'est-elle jamais interne ? Il suffit de
se rappeler l'anatomie : a) la rotule sert entre-autres
de poulie, afin que soit verticale au niveau du tibia
l'action du Quadriceps (prenons pour simplifier le muscle
Crural - ou Vaste Intermédiaire - ) dont le corps
musculaire suit l'obliquité du fémur de
7 ° par rapport au tibia, os sur lequel il s'insère
par le tendon rotulien. La rotule transforme donc l'action
oblique du m. Crural en action verticale au niveau du
tibia. b) Que se passe-t-il en cas de contracture du muscle
Crural ? Etant raccourci, il va se mettre en ligne droite
entre ses insertions fémorale et tibiale, donc
tirer la rotule en dehors, puisque le plus court trajet
est externe
|
| Ne soyez pas surpris par la simplicité
de cette explication, car le traitement de la contracture
par Myothérapie la confirme totalement : il montre
une normalisation très rapide du syndrome fémoro-patellaire,
beaucoup plus efficace et durable (et totalement indolore)
que la musculation du m. Vaste Interne, qui ne ferait
que rajouter une hypertonie artificielle pour contrebalancer
la force centrifuge que la contracture du m. Crural exerce
sur la rotule, ce qui revient à rajouter une pathologie
à une autre, par incompréhension de l'étiologie
! Etant artificiel, cela ne peut être durable, et
représente un dysfonctionnement supplémentaire,
alors que la Myothérapie ne fait que normaliser,
de façon totalement indolore, et donc avec un effet
durable. |
 |
|
 |
 |
|
© 2010 Société Internationale de Myothérapie - Tous droits
réservés
Mentions Légales
|
|